Train 5/338 du 24/12/2011
Dérive d’un train (acte d’héroïsme ou de lâcheté ???)
Lecture d’un accident ferroviare par Mr : Sahli Neji
Matricule 37561P,
Autorisation de sécurité obtenue 01/01/1983
29ans d’expérience dans le domaine de la sécurité ferroviaire, dont 8ans dans le service Gare et 21ans dans le service mouvement( régulation et PCT)
Tous ceux qui vont lire cet article : se ne sont que des suppositions d’une personne qui a une grande expérience dans le domaine et qui a essayé de voir la réalité de ce qui a pu se passer. Avant il nous était formellement interdit de parler de ce qui arrive dans le domaine de la sécurité, c’est une affaire intérieure à la SNCFT et personne n’avait le droit de porter un jugement, mais le changement démocratique dans notre pays me donne la force de parler et essayer de donné mon avis sur un sujet qui me tient tant à cœur et surtout de donner le droit à ceux qui ont péri dans cet incident et qu’on devait traiter d’héros.
1/ La 1ère impression de ceux qui ont vu le tragique accident que se soit des cheminots ou autres ont justifié cet incident en tant qu’excès de vitesse et une absence de responsabilité des conducteurs alors qu’en réalité et dès que j’ai pu visionner la vidéo transmis dans la TV j’ai pu constater avec certitude que s’était une dérive et non un déraillement suite à un excès de vitesse et je vais vous expliquez comment je peut être catégorique sur ce qui a pu se passer sur ce train de la mort :
Si s’était un déraillement dû à un excès de vitesse et quelque soit cette vitesse la machine reste en avant de la rame vu que sa masse dynamique est supérieure à celle de n’importe quel autre wagon alors que dans le cas présent la machine a été dépassé par la plupart des wagons, ce qui explique que cette machine était en réalité freinée alors que le reste de la rame ne l’était pas, ce qui a détruit entièrement la machine.
2/ Tous les conducteurs qui ont pu assurer ce train depuis quelques années savent pertinemment qu’il sera dépassé par le train de voyageurs qui le suit à la gare de Bou Argoub sauf exception, et tous les mécaniciens se renseignent en avance sur le retard de ce train avec les gares pour se préparé à un tel dépassement, donc se qu’on doit retenir que la brigade du train était au courant qu’ils vont s’arrêter à Bou Argoub pour se faire dépasser, donc avant d’arriver à cette gare ils doivent réduire leurs vitesse (environ 30km/h) pour être reçu sur une voie déviée et pour se garer et laisser passer le train de voyageur.
3/ Ce train s’est arrêté entre BouFicha et Bir Bou Rekba, un arrêt provoqué par le déboitement ou l’arrachement d’un boyau de la conduite générale, ce qui implique une chute d’air de la conduite générale et le blocage automatique de tous les wagons soumis au freinage
La brigade du train après avoir constaté le fait, échange le boyau en question et remet le robinet d’air dans sa position normale et ensuite il vérifie derrière le wagon en question si l’air continu passe normalement (essai de continuité selon le règlement en vigueur) puis celui qui est resté sur la machine observe la monté d’air sur son manomètre, si tout va bien son assistant va constater le relâchement des sabots de freins du dit wagon, à cet instant on peu dire que tout s’est très bien passé et que le train pourrait reprendre sa marche dans les normes de sécurité, mais voilà qu’en retournant sur la machine et en essayant de repartir le mécanicien ressent que la rame est encore résistante (freinée) et sachant qu’une monté les attends dans quelques kilomètre à partir de la gare de Bir Bou Rekba et cela sur une distance de 5 ou 6kms et qu’il leur faut une rame bien libre et une machine avec toute sa performance pour ne pas tomber en détresse (Raisonnement du 1er Homme qui a réussi à voler, mais qui n’a pas pensé comment il va se poser), il demande à son assistant de revoir la rame et d’essayer de débloquer les wagons encore freinés, normalement il devait encore attendre le temps qu’il faut pour remonter suffisamment la pression d’air ce qui libère tous les freins, mais voilà que le temps a toujours été notre pire ennemi, pourtant le 1er court de sécurité nous demande de ne jamais prendre en compte le temps lors de l’exécution de toute action de sécurité.
L’erreur !! l’assistant se précipite hors de la machine en parcourant la rame et en débloquant les wagons qui sont encore bloqué ( réalisation du freinage d’un train de marchandises : normalement sur un train de marchandises composé de 20wagons, les 2/3 des wagons doivent être soumis au freinage donc 15 sont freinant et les 5autres répartis dans la rame sont à conduite blanche et ne participent pas au freinage) lorsque l’assistant vidange les wagons encore freiné et qui font parti des 15 wagons soumis au freinage il les illumine momentanément de cette action jusqu’à ce que le réservoir de chaque wagon vidangé se rempli de nouveau et le temps qu’il faut n’a jamais été défini (selon ma connaissance) mais je sais qu’il se peut qu’ils ne participe pas au freinage qui suit ce déblocage. Je ne sais pas combien de wagons il a pu vidanger sans se rendre compte mais ce qui est sur c’est que se train n’avait plus dans la rame suffisamment de wagons freinant pour arrêter le train.
4/ Le train reprends sa marche, tout allez très bien, la monté a été effectué sans problème et le train faisait sa vitesse normale 65km/h, mais voilà qu’après chaque montée il y a de suite une descente, la plupart des mécaniciens après avoir entamé la descente coupent la traction et laisse le train sur sa lancé et d’essayer de temps en temps de maintenir la vitesse en exerçant quelques coups de freinage, nos 2 conducteurs (allah yarhamhom) après quelques kilomètres et surtout celui qui conduit s’aperçoit que sa vitesse est en train de monter et qu’il n’arrive plus à la réduire, la rame ne réponds plus, normalement le train devait être à 4 ou 5km de la gare de Bou Argoub, à ce moment il va paniquer, il va redemander à son assistant s’il a bien ré ouvert le robinet de la conduite générale, s’il a vérifier le freinage, ensuite il va se demander que faire ? on va bientôt arriver à Bou Argoub et nous devrons nous arrêter, que faire ??
Je pense que la 1ère réaction nécessaire c’est de contacter la gare de Bou Argoub, la régulation ou son chef direct de service (l’intérimaire du GDFH) pour leur faire savoir ce qui lui arrive et de leur demander si possible de ne pas l’arrêter à Bou Argoub, et j’espère que les enquêteurs vérifient tous les appels effectué par la brigade du train avant l’incident, et si l’un de ces gens qu’il a essayé de contacter n’ont pas répondu à son appel ou ne se sont pas intéressé à ce qui lui arrive doivent être jugé pour ce qu’ils ont causé et qu’il n’ont rien fait pour lui venir en aide.
La 2ème chose qui lui vient en tête s’est d’essayer de provoquer une chute d’air dans la rame pour tenter d’arrêt le convoi à temps. Honnêtement je suis sur que l’un d’eux s’est porté volontaire et a quitté la machine afin d’essayé de passer d’un wagon à l’autre pour arriver à provoquer une chute d’air qui peut arrêter le train en folie et c’est ce qui explique la présence du corps de l’un des conducteur déchiqueté au milieu de la rame, il a essayé de faire un acte héroïque mais le temps nécessaire était si insuffisant.(il n’a pas essayé d’abandonner son train ou de sauter comme prétend certaines voix malhonnêtes).
Les 2 conducteurs ont tout essayé pour arrêter le train en dérive, le 1er est resté sur sa machine en freinant continuellement et ceci même en voyant qu’il ne pouvait plus rien faire et pourtant il n’a pas essayer d’abandonner son train et l’autre a tout fait pour atteindre le robinet d’arrêt qui pouvait leur donner la chance de sauver ce train déchainé.
5/ Si ce train a pu joindre par téléphone la gare de Bou Argoub, le régulateur ou son chef de service, on aurait pu éviter cette catastrophe rien qu’en laissant passer ce train, le convoi s’arrêtera sur une distance de quelques kilomètres, je pense qu’il réussira même de s’arrêter avant d’atteindre la gare de Grombalia, car il y a une petite remonté du tracé de la voie et je suis sur qu’avec le freinage de la machine le mécanicien aurait réussi à arrêté son train sans dégâts.
Ce tragique incident a fait beaucoup de mal à la famille des cheminots en général et à la famille des défunts en particulier, surtout dans cette période difficile que traverse notre société et notre pays en général, mais le plus important je pense c’est de tirer les leçons nécessaire pour que sa ne se produise plus jamais.
Je pense que les mécaniciens n’ont jamais été impliqué suffisamment dans les essais de frein qui ont été une affaire gare ou dépôt, le règlement a laissé le destin du mécanicien et de la rame qu’il tracte dans les mains des gens qui ne se trouvent pas en sa compagnie, qui ne sont pas au devant de la scène et des risques que ces mécaniciens courent sur la moindre erreur de ces gens, et je suis sur que si les mécaniciens étaient plus impliqués dans l’exécution des essais de freinage ils auraient pu éviter un tel incident, car en aucun moment ces mécaniciens n’avaient pu imaginer qu’en vidangeant certaines wagons il vont perdre le poids freins suffisant pour arrêter leur train.
Enfin, je remercie tout celui ou celle qui a pris la peine de lire cet article et je souhaite de tout mon cœur qu’un hommage sera rendu à ces 2 mécaniciens car personne ne peut leurs reprocher quoi que se soit, ils ont fait leurs devoir jusqu’à la mort.