Monday, November 12, 2012

Je me suis trompé, je l'aime

Je croyais la connaitre
Depuis des années on se croisait tous les jours
On se disait pleins de trucs
On partageait nos cafés le matin
Elle aimait mes pains au chocolat
Je lui lisais mes poèmes
Que j’écrivais pour l’émerveiller, l’enivrer
Elle rigolait parfois
Elle se mettait en pleurs de temps en temps
Je la sentais si proche
Si intime
Pourtant elle gardait ses distances
Comme si elle cherchait à se protéger
Elle savait me manipuler, m’intimider
Elle prend du plaisir quand elle mène la danse
Elle mène les débats
Malgré la fragilité de ses sentiments
Elle est inflexible dans ces choix
Si farouche, si impériale
Elle ne se laisse jamais manier
Elle m’a offert sa confiance
Et ça me paralysait, m’effrayait
Elle aimait écouter mes discours
Elle partageait mes chansons
Elle trouvait en moi un refuge
Un abri où elle aimait se cacher
Je ne me suis jamais soucié
De sa transparence, de sa lucidité
Je croyais toujours la connaitre
La contenir, la maitriser
Mais elle a toujours su se détacher
S’isoler
Elle devient inaccessible
Si obscure, si mystérieuse
Une énigme indéchiffrable
Elle absorbe ma force, mes fantasmes
Et je me remets à elle sans condition
Je lui déclare mon amour, ma ferveur
Comme un guerrier abattu, anéanti
Après une guerre qu’il a perdue
Bien qu’il croyait l’avoir vaincue

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